
Le projet international C-Safe 2030
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Ce projet de recherche s’est développé dans le cadre d’un appel à projet européen (Horizon Europe), déposé le 12 Novembre 2025, dont le CHU de Montpellier est le promoteur.
Les ambitions du projet C‑Safe 2030
C-Safe 2030 vise à transformer les approches actuelles de prévention des violences sexuelles sur mineurs en développant un modèle de prévention secondaire intégratif et coordonné, fondé sur des données scientifiques, des outils numériques et une collaboration internationale multidisciplinaire.
Un changement nécessaire des politiques de prévention
En Europe et dans le monde, les politiques de lutte contre les violences sexuelles envers les mineurs reposent encore largement sur une logique répressive, centrée sur des prises en charge socio-judiciaires après la commission d’infractions. Alors que cette approche a largement montré ses limites, les recherches récentes montrent qu’un nombre important de personnes présentant un risque de passage à l’acte, notamment celles ayant une attirance sexuelle pour les mineurs, souhaitent obtenir de l’aide avant la réalisation de violences, y compris numériques.
Malgré cette réalité, l’accès à des dispositifs confidentiels, accessibles et scientifiquement validés reste limité dans de nombreux États membres de l’Union Européenne.
Une approche réaliste de prévention précoce
Dans ce contexte, le projet C-Safe 2030 propose d’adopter une approche réaliste visant à prévenir les comportements à risque en intervenant précocement auprès des personnes concernées.
L’objectif est de mieux protéger les mineurs, tout en respectant les droits fondamentaux, la dignité et la vie privée des individus cherchant de l’aide, du soutien et/ou des soins.
Les objectifs clefs du projet
Le projet poursuit plusieurs objectifs complémentaires :
premièrement, il vise à mieux comprendre les profils, les besoins et les motivations des personnes recherchant de l’aide afin d’éviter de commettre des violences sexuelles envers des mineurs ou de consommer des contenus d’exploitation sexuelle impliquant des enfants. Cette connaissance est essentielle pour élaborer des interventions adaptées et efficaces,
deuxièmement, C-Safe 2030 prévoit l’évaluation clinique de deux programmes numériques de thérapie cognitivo-comportementale (e-TCC) destinées à prévenir le passage à l’acte via une plateforme sécurisée et multilingue, permettant de rendre disponible la ressource dans différents pays, contextes linguistiques et culturels,
troisièmement, le projet analysera les processus de radicalisation violente en ligne vers la consommation de matériel d’exploitation sexuelle d’enfants (Child Sexual Exploitation Material ou CSEM), notamment dans les environnements numériques. Cette analyse inclura les processus d’escalade comportementale en ligne et les facteurs psychologiques, sociaux et technologiques qui y contribuent,
quatrièmement, le consortium évaluera la rentabilité économique des différentes stratégies de prévention secondaire. Cette dimension est essentielle pour démontrer l’intérêt sociétal et financier de l’investissement dans la prévention précoce plutôt que dans la gestion des conséquences judiciaires et sociales des violences,
cinquièmement, le projet examinera les attitudes du grand public et de certains professionnels impliqués (police, éducation, justice, santé) concernant la prévention secondaire des violences sexuelles, afin d’améliorer l’acceptabilité sociale de ces approches et de faciliter leur diffusion et leur adoption par les décideurs politiques et les institutions.
Une collaboration internationale structurée
Ainsi le projet C-Safe 2030 repose sur une approche intégrée combinant plusieurs disciplines :
- psychologie clinique,
- psychiatrie,
- criminologie,
- sciences sociales,
- économie de la santé.
Le projet rassemble un consortium international d’universités, d’hôpitaux, d’organisations non gouvernementales, de forces de l’ordre et d’instituts de recherche, permettant de relier la recherche académique aux pratiques de terrain. Cette collaboration vise à assurer la pertinence clinique, sociale et politique de l’ensemble des résultats qui seront produits.
Le consortium C-Safe 2030 regroupe 16 partenaires (CHU Montpellier, Karolinska Institutet, FFCRIAVS, NUDZ, CHU de Clermont-Ferrand, University of Chester, Universitat Zurich, Protect Children, Direction Nationale de la Police Judiciaire, The Lucy Faithful Foundation, Bureau of Market Research, Centre for Addiction and Mental Health, Universitaetsklinikum Hamburg Eppendorf, Dis no Association, Université du Québec à Trois-Rivières, E-enfance) réunis dans 8 pays différents (Afrique du Sud, Allemagne, Canada, Finlande, France, Suède, Suisse et République Tchèque).
Vers un changement de paradigme
En définitive, C-Safe 2030 propose de contribuer à un changement de paradigme en Europe, en passant d’un modèle fondé sur la répression, à une approche préventive systémique, intégrative et compréhensive, fondée sur la science.
En intervenant avant la commission d’infractions, le projet vise à :
- réduire les violences sexuelles envers les enfants,
- limiter la diffusion de contenus d’exploitation sexuelle,
- réduire les coûts sociaux et judiciaires associés à ces crimes.
Cette approche reconnaît que la prévention des violences sexuelles nécessite non seulement des réponses judiciaires, mais aussi des interventions cliniques, éducatives et sociales coordonnées.
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